• IRM cérébrale dans le contexte de l’épilepsie

L’imagerie par résonance magnétique (IRM) est un examen qui utilise un champ magnétique puissant et des ondes radio pour produire des images très détaillées du cerveau.

Elle permet de rechercher une cause visible aux crises, comme :

-une cicatrice,

-une malformation,

-une tumeur,

-ou une zone de développement anormal du cortex.
Comment se déroule l’examen?

-L’IRM est indolore et n’utilise pas de rayons X.

-Le patient est allongé dans un tunnel ouvert aux deux extrémités et doit rester immobile.

-L’examen dure généralement entre 20 et 45 minutes.

-Parfois, un produit de contraste est injecté pour mieux visualiser certaines structures.

Dans certains cas (par exemple une tumeur cérébrale), l’IRM peut être répétée pour suivre l’évolution de la pathologie.

Il existe aussi des protocoles spécifiques pour l’épilepsie, qui permettent de mieux étudier les zones du cerveau impliquées dans les crises.
Une IRM normale n’exclut pas l’épilepsie, car certaines anomalies peuvent être trop petites ou trop discrètes pour être visibles; aussi, certaines formes d’épilepsie sont de nature génétique sans lésion macroscopique mais avec un impact au niveau microscopique/cellulaire.
EEG de surface

Un électroencéphalogramme (EEG) est un test qui mesure l’activité électrique du cerveau à l’aide de petites électrodes placées sur le cuir chevelu.
Comme les crises d’épilepsie sont causées par des décharges électriques anormales, l’EEG est un outil précieux pour le diagnostic et le suivi de l’épilepsie. Il peut montrer certaines anomalies caractéristiques (ex. des pointes épileptiformes ou des crises épileptiques) et aider le médecin à mieux comprendre le type de crises.

 Crises épileptiques vs pointes épileptiformes : Un EEG de routine dure généralement entre 20 et 40 minutes. Il est donc rare d’enregistrer une crise pendant ce type d’examen, car les crises aléatoires et sont souvent trop espacées dans le temps. Cependant, l’EEG peut parfois détecter des pointes épileptiformes interictales :
ce son
t de courtes décharges électriques (quelques millisecondes), trop brèves et pas assez fortes pour provoquer des symptômes, mais qui sont visibles sur l’EEG. Ces pointes constituent un indice important d’une prédisposition à faire des crises.

 L’EEG enregistre uniquement l’activité du cerveau pendant la durée du test. Il est donc possible qu’un EEG soit normal, même chez une personne est réellement épileptique. C’est pourquoi le neurologue interprète les résultats de l’EGG en les combinant à l’examen clinique, au récit des crises et à d’autres tests complémentaires (comme l’IRM).

 Les tests de provocation : Comme les anomalies n’apparaissent pas toujours spontanément, certaines techniques peuvent être utilisées pour augmenter les chances de détecter des signes caractéristiques :

-L’hyperventilation : respirer rapidement et profondément pendant quelques minutes.

-La stimulation lumineuse intermittente : exposition à une lumière clignotante de différentes fréquences.

-La privation de sommeil : parfois recommandée avant l’examen pour rendre le cerveau plus susceptible de montrer des anomalies.

Ces méthodes sont sans généralement sans danger et encadrées par des professionnels de santé. Elles n’entraînent pas nécessairement une crise, mais peuvent mettre en évidence des pointes épileptiformes utiles au diagnostic.

 Les différents types d’EEG :

Selon la situation, plusieurs variantes d’EEG de surface peuvent être proposées :

-EEG standard : dure généralement entre 20 et 40 minutes.

-EEG après privation de sommeil : le manque de sommeil augmente les chances de voir apparaître des anomalies.

-EEG ambulatoire de 24 heures ou plus : le patient porte un petit enregistreur à domicile, ce qui permet de capter l’activité cérébrale sur une plus longue période, dans son environnement habituel.

-Vidéo-EEG continu (en unité de monitoring) : combine l’EEG à un enregistrement vidéo continu, parfois sur plusieurs jours, afin de corréler l’activité cérébrale et les manifestations cliniques des crises.
EEG intracrânien

L’électroencéphalogramme intracrânien (iEEG) est un examen spécialisé proposé lorsqu’on envisage une chirurgie de l’épilepsie et que les examens habituels (EEG de surface, IRM) n’ont pas permis de localiser avec précision la zone du cerveau où commencent les crises.

 

Contrairement à l’EEG classique, qui utilise des électrodes placées sur le cuir chevelu, l’iEEG nécessite une intervention chirurgicale pour positionner des électrodes directement sur ou dans le cerveau.

 

On distingue deux approches principales :
La stéréo-électroencéphalographie (SEEG)

Des électrodes très fines sont implantées en profondeur dans le cerveau grâce à une technique stéréotaxique de haute précision.

Cela permet d’explorer des zones profondes et d’analyser les réseaux de propagation des crises.L’électrocorticographie (ECoG)

L’ECoG consiste à placer des bandes ou grilles d’électrodes directement sur la surface du cerveau (le cortex). Elle peut être réalisée dans deux contextes différents :

-ECoG per-opératoire : Réalisée pendant la chirurgie, alors que le crâne est ouvert, elle permet de cartographie immédiatement l’activité électrique afin de guider l’acte chirurgical. L’enregistrement est donc de courte durée (pendant l’opération) visant plutôt à identifier les limites du foyer en analyses les pointes épileptiformes interictales.

 -ECoG extra-opératoire (monitoring prolongé) : Les électrodes sont laissées en place après une chirurgie d’implantation initiale et le patient est transféré à l’Unité de monitoring de l’épilepsie pour une durée de 1 à 2 semaines. L’objectif est d’enregistrer non seulement les pointes mais aussi des crises réelles dans un environnement contrôlé. Ces données permettent de préciser la localisation du foyer épileptique et d’évaluer si une chirurgie curative peut être envisagée.

 La stimulation corticale : Lors d’un EEG intracrânien (que ce soit avec des électrodes profondes en SEEG ou des grilles de surface en ECoG extra-opératoire), les médecins peuvent réaliser une stimulation électrique du cerveau. Cette technique consiste à envoyer de légères impulsions à travers les électrodes afin d’identifier les zones essentielles au langage, au mouvement, à la mémoire ou à la vision. Cela permet de cartographier les fonctions cérébrales et de s’assurer que la chirurgie envisagée pour traiter l’épilepsie n’affectera pas des régions critiques au quotidien.

 Épilepsie et suivi sanguin

Quand on vit avec l’épilepsie, les prises de sang peuvent parfois faire partie du suivi médical. Mais à quoi servent-elles?

 Vérifier le taux de médicaments

Certaines analyses mesurent la concentration des médicaments anti-crises dans le sang.

-Si le taux est trop bas, le médicament risque d’être inefficace.

-S’il est trop élevé, il peut entraîner des effets secondaires ou une toxicité.

Ce dosage n’est pas nécessaire pour tous les médicaments, ni pour toutes les personnes. C’est le médecin qui décide si ce suivi est pertinent, selon :

-le traitement en cours,

-les symptômes,

-l’état de santé général

-la prise d’autres médicaments ou la présence de conditions médicales associées.

 Cas particulier : la grossesse

Pendant la grossesse, le métabolisme et le poids de la femme changent. Ces modifications peuvent influencer les concentrations sanguines des médicaments. C’est pourquoi un suivi rapproché des niveaux sériques est souvent nécessaire, afin d’ajuster les doses pour maintenir un bon contrôle des crises tout en protégeant la santé de la mère et du bébé.

 Surveiller l’état de santé général

D’autres analyses peuvent être demandées pour vérifier :

-les électrolytes,

-les globules blancs

-la fonction du foie et des reins.

Certains médicaments peuvent en effet avoir un impact sur ces systèmes, bien que cela soit relativement peu fréquent. Aussi, comme plusieurs médicaments anti-crises sont métabolisés par le foie et éliminés par les reins, ces tests permettent de s’assurer que ces organes fonctionnent bien et d’adapter la dose si nécessaire.